La question n’est pas de savoir s’il faut aimer les chats ou protéger la biodiversité.
La vraie question est : comment organiser intelligemment la cohabitation entre les chats domestiques et la faune sauvage, sans ignorer ni l’un ni l’autre.
Une réalité encore trop peu regardée en face

Animal familier, aimé et protégé, le chat domestique reste aussi un chasseur très efficace.
La SFEPM le décrit comme un « prédateur éclectique de la petite faune sauvage » et souligne que son impact réel sur la biodiversité doit encore être mieux mesuré, notamment en milieux urbains et périurbains.
Pour l’écureuil roux, les études ciblées restent encore trop rares. Pourtant, tout indique que cette question mérite d’être prise beaucoup plus au sérieux.
Ce que l’on sait
Le programme Chat & Biodiversité montre que les chats suivis en France rapportent principalement des petits mammifères, qui représentent 68 % des proies recensées, devant les oiseaux et les reptiles.
La LPO considère elle aussi que la prédation du chat domestique pose un vrai problème pour la petite faune sauvage, notamment dans les zones périurbaines. Elle indique qu’environ 10 % des animaux recueillis dans ses centres de soins ont été victimes de prédation par des chats, en précisant qu’il ne s’agit probablement que de la partie visible de l’iceberg.
Une autre page de la LPO rappelle aussi que 14 % des animaux accueillis en centre de soins ont été prédatés par un chat domestique.
Enfin, dans son bilan 2024, la LPO indique que plus de 18 % des animaux recueillis dans ses centres de soins ont été mordus par un chien ou par un chat.
Ce que l’on ne sait pas encore assez
L’écureuil roux n’est presque jamais isolé clairement dans ces statistiques.
Autrement dit :
- nous savons que le chat est un prédateur important de la petite faune ;
- nous savons que les petits mammifères sont ses proies principales ;
- mais nous manquons encore de données précises pour mesurer sa part exacte dans la mortalité de l’écureuil roux.
Cette absence de chiffres spécifiques ne prouve pas que l’impact est faible.
Elle montre surtout qu’il est encore insuffisamment étudié.
Pourquoi l’écureuil roux pourrait être plus concerné qu’on ne le croit
Dans les jardins, les parcs, les lotissements et les lisières urbaines, les chats vivent au contact direct de la petite faune.
Or ce sont précisément des milieux où l’écureuil roux peut aussi chercher :
- nourriture,
- eau,
- arbres-refuges,
- zones de passage.
Les jeunes écureuils, les individus au sol, les animaux blessés ou surpris, ainsi que ceux fréquentant les jardins, peuvent être particulièrement exposés.
Il est donc raisonnable de penser que le rôle du chat comme prédateur de l’écureuil roux est aujourd’hui sous-estimé, surtout en milieu urbain et périurbain. Cette phrase est une déduction prudente à partir des données générales disponibles, pas une preuve directe espèce par espèce.
Ce que l’on soupçonne
Le chat domestique n’est probablement pas seulement un danger pour :
- les oiseaux,
- les lézards,
- les hérissons,
- les amphibiens.
Il pourrait aussi représenter une pression importante sur certains écureuils roux, en particulier dans les zones très habitées où les chats sont nombreux et où la faune sauvage se réfugie dans les jardins.

Pourquoi ce sujet reste mal connu
Plusieurs raisons expliquent ce manque de clarté :
- beaucoup de proies ne sont jamais retrouvées ;
- les études ciblées sur l’écureuil roux sont rares ;
- les centres de soins ne voient qu’une partie des animaux blessés ;
- les prédateurs forestiers classiques sont mieux documentés que les chats domestiques.
C’est exactement pour cela que les réponses trop simples de Google ou de l’IA peuvent être trompeuses : elles répètent souvent des listes anciennes sans intégrer suffisamment les réalités actuelles des jardins, des villes et des zones périurbaines.
Notre position
Sans affirmer abusivement que le chat est déjà le prédateur n°1 de l’écureuil roux, nous pensons qu’il est aujourd’hui un prédateur probablement sous-évalué de cette espèce dans de nombreux contextes humanisés.
Ce sujet mérite :
- plus d’études,
- plus de transparence,
- et plus de prévention.
Protéger la petite faune, c’est aussi agir chez soi
Préserver l’écureuil roux et la petite faune sauvage passe aussi par des gestes simples :
- limiter les sorties des chats aux périodes les plus sensibles ;
- sécuriser les jardins refuges ;
- créer des zones de quiétude ;
- mieux informer sur la prédation domestique.
Aimer les chats ne doit pas empêcher de regarder la réalité en face.
Aimer la biodiversité, c’est aussi accepter de mieux protéger les animaux sauvages qui vivent à nos côtés.
Ce que l’on sait : le chat est un prédateur important de la petite faune sauvage.
Ce que l’on ne sait pas assez : sa part exacte dans la mortalité de l’écureuil roux.
Ce que l’on peut raisonnablement penser : en ville, dans les jardins et les zones périurbaines, son impact sur l’écureuil roux est probablement sous-estimé.

Références
- LPO France — Centres de sauvegarde LPO : de plus en plus de mammifères en 2024
- LPO Île-de-France — Prédation chat
- LPO France — Position LPO sur la prédation du chat domestique
- SFEPM / Chat & Biodiversité — Présentation du projet
- SFEPM / Chat & Biodiversité — Les résultats
- Muséum national d’Histoire naturelle — Le chat domestique est-il une menace pour la biodiversité ?
- Nature Communications (2023) — A global synthesis and assessment of free-ranging domestic cat diet
- Thèse HAL — Impact de la prédation du chat domestique sur la faune sauvage
- Documentaire / présentation Screen+ — 30 millions d’ennemis
- Bande-annonce YouTube — 30 millions d’ennemis
- Extrait court YouTube Shorts
Dette de la France et Biodiversité des jardins et des parcs
