🐿️ Un garde-manger naturel en train de disparaître : le cas des pignes de pins
Pendant des décennies, les forêts de pins ont constitué le principal garde-manger de l’écureuil roux en Provence.
Aujourd’hui, ce pilier alimentaire s’affaiblit fortement sous l’effet des sécheresses répétées.

🌲 Le cycle lent et précieux des pignes
Contrairement à ce que l’on imagine souvent, une pigne de pin ne se forme pas en quelques mois.
Son cycle est long :
- 3 années sont nécessaires pour produire une pigne mature
- Ce n’est qu’au bout d’environ 2 ans et demi qu’elle devient réellement consommable
- À ce stade, elle est :
- de couleur brun foncé à noire
- bien fermée
- d’une taille minimale d’environ 12 cm
Une fois arrivée à maturité, la pigne peut rester consommable 2 à 3 années supplémentaires sur l’arbre ou au sol.
Cela signifie qu’une pinède en bonne santé constitue normalement un garde-manger permanent, capable d’alimenter les écureuils sur plusieurs saisons, même en cas de variation annuelle.

https://www.francebleu.fr/infos/environnement/secheresse-en-provence-de-plus-en-plus-d-arbres-meurent-alerte-le-chercheur-maxime-cailleret-1649057920☀️ Sécheresses et repos physiologique des pins
Depuis plusieurs années, les sécheresses prolongées perturbent ce cycle.
Pour survivre au manque d’eau, les pins adoptent un mécanisme de défense :
ils réduisent fortement leur croissance et leur reproduction.
En situation de stress hydrique extrême :
- la production de nouvelles pignes diminue fortement
- certains arbres cessent temporairement toute reproduction
- les cycles peuvent être décalés ou interrompus
Les pins entrent ainsi dans une forme de repos prolongé, un mécanisme vital pour éviter leur mortalité mais qui entraîne une raréfaction progressive des pignes disponibles pour la faune.
Cette évolution a été étudiée par plusieurs chercheurs, notamment Maxime Cailleret (INRAE), qui a mis en évidence les effets durables des sécheresses sur la capacité de reproduction des arbres forestiers.
Voir conférence de Maxime CAIILLERET

Une conférence très inquiétante de Maxime CAILLERET

Les arbres de la région ont de fortes chances de mourir, cela ne se voit pas encore trop, mais cela arrive.
La sécheresse affaiblit les arbres. Les pathogènes aggravent tout cela. Exemple : les chenilles processionnaires

Ce phénomène va toucher toute la France et le monde.
🐿️ Conséquence directe pour l’écureuil roux
La disparition progressive de ce stock naturel a des conséquences majeures :
- baisse de disponibilité alimentaire hivernale
- difficultés accrues pour les femelles en période de reproduction
- dépendance croissante aux jardins et zones habitées
- concurrence accrue avec d’autres espèces granivores
L’écureuil roux perd ainsi l’un de ses atouts essentiels :
un garde-manger stable sur plusieurs années.
🌿 Comprendre pour mieux agir
La diminution des pignes n’est pas un phénomène anecdotique ou ponctuel.
Elle s’inscrit dans une évolution climatique et forestière profonde.
Documenter précisément :
- la production de pignes
- les périodes de pénurie
- les impacts sur la faune
devient essentiel pour adapter les stratégies de protection de l’écureuil roux et plus largement de la biodiversité méditerranéenne.
