Chats domestiques et biodiversité : lançons une étude scientifique de terrain

Proposition d’étude scientifique participative

Chats domestiques, protection animale et biodiversité : comment mieux comprendre les interactions avec la faune sauvage ?

Contexte

Depuis plusieurs décennies, le chat domestique occupe une place de plus en plus importante dans la société européenne.

Compagnon apprécié de millions de personnes, il répond aux besoins affectifs de nombreuses familles, personnes seules ou personnes âgées. Les progrès de la médecine vétérinaire, de l’alimentation animale et l’évolution des mentalités ont permis d’améliorer considérablement son bien-être et sa durée de vie.

Parallèlement, la protection animale est devenue une préoccupation majeure. Les abandons sont davantage dénoncés, les refuges sont soutenus par le public et la maltraitance animale est de moins en moins tolérée.

Autour du chat s’est développé un secteur économique important regroupant notamment les vétérinaires, les fabricants d’aliments, les assurances, les accessoires, les pensions et de nombreuses associations de protection animale.

Dans le même temps, de nombreuses espèces sauvages semblent connaître des difficultés croissantes. Les causes sont multiples : urbanisation, fragmentation des habitats, circulation routière, disparition des points d’eau, pesticides, pollution lumineuse, changement climatique ou encore prédation.

Certaines espèces sont abondantes et parfois régulées par l’homme, comme le sanglier dans plusieurs régions. D’autres espèces semblent plus vulnérables localement, notamment certains reptiles, insectes, oiseaux ou petits mammifères.

Dans de nombreuses communes, les habitants constatent également une raréfaction apparente de certaines espèces autrefois communes :

  • écureuils roux ;
  • lézards ;
  • orvets ;
  • sauterelles ;
  • grillons ;
  • criquets ;
  • petits mammifères ;
  • nombreux insectes.

Les grillons de plus en plus rare

Orvet souvent trouvé avec une morsure à la tête.

Nos écureuils roux impactés par l’urbanisation, la mortalité routière, les chats, les pies, les noyades, les électcocutions, le climat

Pourtant, les causes exactes de ces évolutions restent souvent mal connues et rarement quantifiées à l’échelle locale.

Pourquoi cette étude ?

Le débat concernant l’impact des chats domestiques sur la biodiversité est souvent passionnel.

Pour certains, le chat constitue un prédateur important susceptible d’affecter certaines populations animales.

Pour d’autres, son impact reste limité comparé à celui de l’urbanisation, des infrastructures, de la pollution ou des changements climatiques.

Entre ces deux positions, il existe un besoin évident de données scientifiques complémentaires obtenues directement sur le terrain.

L’objectif n’est pas d’opposer les animaux domestiques aux animaux sauvages ni de remettre en cause la place du chat dans notre société.

L’objectif est de mieux comprendre les interactions réelles entre les différentes espèces afin de disposer d’informations fiables permettant d’éclairer les décisions futures.

Source SFPM (premiers résultats à petite échelle avec pas d’écureuils roux).

Proposition

Mettre en place une étude participative associant chercheurs, associations, collectivités et propriétaires volontaires.

Des chats domestiques seraient équipés temporairement :

  • d’une mini-caméra légère ;
  • d’un système GPS ;
  • d’un dispositif respectueux du bien-être animal.

L’étude serait menée sur différents types de sites :

  • parcs urbains ;
  • jardins privés ;
  • zones agricoles ;
  • espaces naturels périurbains ;
  • secteurs accueillant des populations connues d’écureuils roux.
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Questions scientifiques

Cette étude pourrait notamment permettre de répondre aux questions suivantes :

  • Quels habitats sont les plus fréquentés par les chats ?
  • Quelles espèces rencontrent-ils réellement ?
  • Quelles espèces sont les plus exposées ?
  • Les captures observées correspondent-elles aux proies rapportées au domicile ?
  • Certaines périodes de l’année sont-elles plus sensibles ?
  • Les jeunes animaux sont-ils davantage concernés ?
  • Les chats fréquentent-ils préférentiellement les zones les plus riches en biodiversité ?
  • Quels sont les impacts potentiels sur les écureuils roux, reptiles, insectes et petits mammifères ?

Espèces étudiées

Une attention particulière pourrait être portée à :

  • l’écureuil roux ;
  • les lézards ;
  • les orvets ;
  • les sauterelles ;
  • les grillons ;
  • les criquets ;
  • les oiseaux ;
  • les petits mammifères.

Intérêt scientifique et sociétal

Cette étude permettrait de dépasser les débats d’opinion en s’appuyant sur des observations directes.

Elle pourrait contribuer à :

  • améliorer les connaissances scientifiques ;
  • identifier les espèces les plus vulnérables ;
  • mieux comprendre l’évolution de la biodiversité de proximité ;
  • proposer des mesures adaptées conciliant protection animale et préservation de la biodiversité.

L’enjeu n’est pas de désigner des coupables mais de mieux comprendre les mécanismes qui influencent aujourd’hui la survie des espèces sauvages dans les territoires fortement occupés par l’homme.

Contribution de SOS Écureuil Provence

SOS Écureuil Provence propose de participer à cette démarche en mettant à disposition :

  • son réseau de bénévoles ;
  • ses observations de terrain ;
  • ses contacts avec les propriétaires engagés ;
  • ses connaissances sur les populations d’écureuils roux en Provence ;
  • son expérience en matière de sciences participatives et de sensibilisation à la biodiversité.

Parce que protéger la biodiversité nécessite d’abord de comprendre ce qui la menace réellement.

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