La LPO communique sur les chats , bravo ! mais les solutions suffiront-elles ?

Cette vidéo de la série « Colocataires sauvages » de la Ligue pour la Protection des Oiseaux s’intitule « Comme chiens et chats avec la faune sauvage ». Elle aborde les effets des animaux de compagnie sur la biodiversité et les moyens de les réduire.

Résumé en quelques points

  • La France compte environ 14 millions de chats domestiques et 7,5 millions de chiens. Leur présence a des conséquences parfois importantes sur la faune sauvage.
  • Le chat domestique conserve un fort instinct de prédation même lorsqu’il est bien nourri. Il capture oiseaux, petits mammifères, reptiles et amphibiens. Certaines espèces déjà fragilisées peuvent être particulièrement affectées dans les jardins et les zones urbaines.
  • Les chiens, lorsqu’ils sont laissés libres dans des espaces naturels, peuvent déranger la faune, provoquer l’abandon de nids, poursuivre des animaux sauvages ou perturber leur alimentation et leur reproduction.
  • La vidéo insiste sur le fait qu’il ne s’agit pas d’opposer les animaux domestiques à la nature, mais de trouver un équilibre entre leur bien-être et celui de la faune sauvage.

Solutions proposées

  • Garder les chats à l’intérieur aux heures les plus sensibles (aube, crépuscule).
  • Créer dans le jardin des refuges inaccessibles aux chats pour les oiseaux et petits animaux.
  • Équiper les chats de dispositifs limitant leur efficacité de chasse.
  • Tenir les chiens en laisse dans les secteurs naturels sensibles ou pendant les périodes de reproduction.
  • Sensibiliser les propriétaires aux impacts réels de leurs animaux sur la biodiversité.

Notre position

Ces mesures proposées depuis des années par la LPO ne sont pas utilisées par le grand public. Les associations sont de plus en plus nombreuses à sauver tous les chats (naissances, blessés, stérilisés) sans regarder l’impact sur la vie sauvage.

Les vétérinaires rallongent la durée des vies chats alors que celle des animaux sauvages diminuent du fait de l’urbanisation, de la mortalité routière, de la prédation des chats (15 millions en 2026), des nombreuses pies qui se défendent en groupe, des noyades dans les piscines, des rapaces de plus en plus protégés.

Les humains ont de plus en plus besoin des chats car il est beau, propre, facile à vivre, sent bon, assez propre, joueur, câlin et surtout gratuit.

Beaucoup de personnes décident de vivre seul et on besoin d’un compagnon.

Les chats continueront à s’accroitre malgré les efforts de la LPO car l’état ne fait plus appel aux scientifiques pour prendre des solutions.

Nous avons écrit à l’Europe pour étudier ce problème complexe qui touche la vie des gens et la faune sauvage de 3g à 400g.

Que fait-on des chatons ?

Il n’existe pas de chiffre national précis sur le nombre de chatons sauvés chaque année par toutes les associations françaises, mais on peut faire une estimation raisonnable.

  • La SPA seule a pris en charge environ 27 700 chats en 2025, dont une part importante de chatons.
  • En France, les refuges, fourrières et associations ont pris en charge plus de 335 000 chiens et chats en 2025. Les chats représentent généralement la majorité des animaux recueillis.
  • Une étude citée par la SPA indique que les chats représentent environ 75 % des animaux recueillis dans les structures de protection animale.

En croisant ces données, on peut estimer que :

  • 150 000 à 250 000 chats (adultes + chatons) sont pris en charge chaque année en France.
  • Parmi eux, probablement 50 000 à 150 000 chatons sont recueillis, soignés puis proposés à l’adoption.

Ce chiffre est cohérent avec le fait que les associations sont saturées chaque printemps par les « saisons des chatons » et que des milliers de portées non désirées alimentent chaque année les refuges.

Pour votre réflexion sur la biodiversité, un point souvent méconnu est que les associations ne se contentent pas de sauver des chatons : elles consacrent aussi énormément d’énergie à la stérilisation des chats errants. La Fondation 30 Millions d’Amis indique avoir financé la stérilisation de 200 000 chats errants depuis 2012 en partenariat avec les communes.

Références

https://www.lemonde.fr/planete/article/2025/07/13/steriliser-les-chats-errants-une-bataille-desequilibree-on-voit-bien-que-l-ampleur-de-la-tache-est-enorme_6620971_3244.html?utm_source=chatgpt.com

Que fait-on des chats stérilisés ?

Les programmes de type « Capture – Stérilisation – Identification – Relâcher » (CSIR) ont pour objectif principal de limiter la reproduction des chats errants et d’éviter une augmentation continue de leur population. En France, ils sont encouragés par de nombreuses communes et associations de protection animale.

Cependant, la stérilisation ne supprime pas le comportement de chasse. Un chat stérilisé continue généralement à :

  • chasser oiseaux, reptiles, petits mammifères et insectes ;
  • occuper un territoire ;
  • exercer une pression sur la faune locale.

Les défenseurs de ces programmes avancent que :

  • sans stérilisation, la population augmente beaucoup plus vite ;
  • la mortalité et la souffrance des chats errants sont réduites ;
  • à long terme, le nombre total de chats présents diminue progressivement.

Les critiques soulignent que :

  • même stérilisés, les chats restent des prédateurs ;
  • les colonies entretenues par nourrissage peuvent se maintenir pendant de nombreuses années ;
  • dans certaines zones sensibles pour la biodiversité, l’impact sur la faune peut rester important.

Pour des espèces comme l’écureuil roux, les lézards, les jeunes oiseaux ou certains petits mammifères, le débat n’est donc pas seulement « stériliser ou non », mais aussi :

  • où les colonies de chats sont-elles installées ?
  • faut-il éviter leur présence près des espaces naturels sensibles ?
  • comment réduire l’abandon de chats domestiques ?
  • comment responsabiliser les propriétaires de chats ayant accès à l’extérieur ?

Dans votre cas, les observations de terrain de SOS ÉCUREUIL PROVENCE peuvent apporter un éclairage utile. Vous constatez souvent que les chats domestiques ayant un foyer sont très nombreux dans les jardins, alors que les politiques publiques se concentrent davantage sur les chats errants. Cette distinction mérite probablement d’être mieux étudiée scientifiquement, car les impacts respectifs peuvent être très différents selon les territoires.

Il est important de noter que la communauté scientifique ne considère généralement pas la stérilisation seule comme une solution complète aux impacts sur la biodiversité. Elle est plutôt vue comme un outil parmi d’autres : identification, limitation des abandons, gestion des colonies, protection des zones sensibles et sensibilisation des propriétaires.

L’espérance de vie des chats est surement augmenté ?

on peut raisonnablement penser que plusieurs facteurs humains contribuent à augmenter la survie et parfois la densité des populations de chats :

  1. Les soins vétérinaires
    • Vaccinations, traitements antiparasitaires, chirurgie, soins d’urgence, stérilisation.
    • Des maladies ou blessures qui auraient autrefois été mortelles sont aujourd’hui traitées.
    • L’espérance de vie des chats de compagnie a fortement augmenté au cours des dernières décennies.
  2. Le nourrissage
    • Les chats de compagnie disposent d’une alimentation abondante toute l’année.
    • Certaines colonies de chats libres sont également nourries régulièrement par des particuliers ou des associations.
    • La nourriture réduit la mortalité liée à la famine et améliore la survie des jeunes.
  3. Les abris créés par l’homme
    • Maisons, garages, cabanons, caves, véhicules, jardins.
    • Les chats trouvent facilement des refuges contre le froid et les intempéries.
  4. La réduction de certains risques
    • Les prédateurs naturels des chats sont rares dans les zones urbaines.
    • Les campagnes de stérilisation réduisent les conflits entre chats et certaines causes de mortalité.

Du point de vue écologique, certains chercheurs parlent d’une espèce « subventionnée par l’homme » : le chat ne dépend plus uniquement des ressources naturelles de son environnement. Sa population est soutenue par la nourriture, les soins et les abris fournis par les humains.

C’est d’ailleurs l’une des différences majeures avec des espèces sauvages comme l’Écureuil roux :

  • quand les graines, les pignes ou l’eau manquent, les écureuils subissent directement les conséquences ;
  • les chats domestiques bénéficient souvent d’un apport alimentaire constant, même lorsque la faune sauvage décline.

Cela ne signifie pas que les vétérinaires ou les nourrisseurs agissent mal. Leur objectif est généralement le bien-être animal. Mais cela pose une question de gestion de la biodiversité :

Comment concilier la protection des chats et la protection de la faune sauvage ?

Aujourd’hui, le débat porte moins sur la stérilisation elle-même que sur l’absence d’une approche globale intégrant à la fois :

  • le bien-être des chats ;
  • la protection des oiseaux, reptiles et petits mammifères ;
  • l’aménagement des espaces urbains ;
  • la responsabilité des propriétaires ;
  • la localisation des colonies de chats par rapport aux zones naturelles sensibles.

C’est probablement là que se situe le cœur du sujet : les chats sont devenus extrêmement nombreux parce que les humains augmentent fortement leurs chances de survie, alors que beaucoup d’espèces sauvages voient au contraire leurs ressources et leurs habitats diminuer.

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